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|  | | | | |  | | | | |  | | | | |  | | | | |  | | | | | |  | | | | | | | | | | | | |  | | | | | | |  | | | | | | Nette Rousse |
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| | | | | Colvert |
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| | | | | | |  | | | | | | |  | | |  ODELETTE A L'ARONDELLE | Tai toi babillarde Arondelle, Par Dieu je plumerai ton aile Si je t'empongne, ou d'un couteau Je te couperai ta languette, Qui matin sans repos caquette Et m'estourdit tout le cerveau.
Je te preste ma cheminée Pour chanter toute la journée, De soir, de nuit, quand tu voudras : Mais au matin ne me reveille, Et ne m'oste quand je sommeille Ma Cassandre d'entre mes bras
Pierre de Ronsard |
| | | |  | |  | | QUI EST VRAIMENT LA CIGOGNE ? | La cigogne se range aujourd'hui parmi les oiseaux les plus aimés, que l'on cherche à protéger, voire à réintroduire dans les territoires qu'elle a désertés. N'est-elle pas censée apporter les bébés (tradition d'origine allemande, fort récente, puisqu'elle ne remonte qu'au XIXème siècle) ? Or, au Moyen Age, la cigogne n'était pas ainsi idéalisée. Ou tout au moins, son image était plus ambiguë. Dans la tradition savante, la cigogne est un oiseau fort recommandable. Dans la Bible latine (Jérémie, VIII, 7), elle annonce le printemps, dans un rôle moralisateur : elle sait quand elle doit migrer, alors que le peuple ne reconnaît pas la loi divine. Dans la littérature médiévale, sa piété filiale, trait venu des auteurs antiques, se détache : la cigogne prend soin de ses petits et ses petits, devenus grands, prennent soin d'elle. Elle est le paradigme du bon père et de la bonne mère de famille. Certains clercs font même de la cigogne la métaphore du Christ. L'auteur du Fascicule des moeurs écrit :"Cet oiseau, quand les petits qu'il a tant chéris se sont envolés du nid, il s'en revient au nid et de douleur le remplit de terre. Ainsi assurément fit le Christ. Ses petits furent en effet les anges de lumière. S'étant envolés du nid poussés par l'orgueil, comme touché par la douleur, Dieu lui-même a formé l'homme à partir de la terre pour tenir leur place. En signe de quoi le Christ, fils de Dieu, dans la nature humaine d'abord a pris possession dans le ciel pour lui et les siens." Mièvre la cigogne ? Pas tant que cela... Comme héroïne de fables, elle dépasse en ruse le renard, et dévore les grenouilles qui ont eu le malheur de réclamer un chef autoritaire. Elle peut être impitoyable. Le médecin milanais Mayno de Mayneri dans son Dialogue des créatures(XIVè siècle) adapte la fable d'Esope "L'aigle et la renarde", offrant un stupéfiant drame de voisinage. Une cigogne, nichant sur un toit, est gênée par le bruit que font les petits d'une hirondelle qui niche dans les combles de la maison. Elle les tue. Mais l'hirondelle finit par brûler le nid de la cigogne. Moralité : il ne faut pas s'attaquer à plus petit que soi. Cela dit, cette cruauté est souvent liée à un esprit de justice. Le récit de la cigogne adultère eut ainsi au Moyen Age un immense succès. Chez un chevalier, dans un enclos, se trouve un nid de cigognes. La femelle commet l'adultère fréquemment et se plonge dans un étant proche. Le chevalier remarque le manège, veut en connaître la cause, ordonne d'enclore la fosse. Son péché commis, la cigogne gagne comme d'habitude l'eau sans pouvoir y accéder. Sur ce, le mâle survient, se rend compte du crime, se jette sur l'adultère avec son bec. Ne parvenant pas seul à la tuer, il s'en revient, une heure plus tard, accompagné de nombreuses cigognes qui tuent la misérable, sous les yeux des proches du chevalier. Bienheureuse cruauté : les cigognes ne montrent-elles pas qu'il faut condamner l'adultère ? La cigogne est aussi prise en part négative, sans que les auteurs du Moyen Age y voient contradiction. Confondue souvent avec l'ibis, qui se purge avec son bec, elle se voit considérée comme un oiseau répugnant. Son bec rouge ne manque d'ailleurs pas d'attirer. La cigogne l'utilise pour craqueter. Signe d'orgueil chez Ovide, ce bec devient chez Pierre Bersuire, au XIVè siècle, le symbole de la médisance. Dans les marges à drôleries des manuscrits, il devient obscène : des cigognes y sont représentées se mesurant aux singes, et allant jusqu'à leur fourrer leur bec - clair emblème phallique - au fond de leur derrière. Ces défauts sont légers. Sans être un oiseau intouchable, la cigogne semble protégée. On mangeait de la cigogne au Moyen Age, mais assez peu. Oiseau utile (elle se nourrit de bêtes jusgées nuisibles), la cigogne séduit par son indépendance. Peu farouche, elle partage la vie de l'homme, mais sans se mêler à lui, comme en l'observant du haut des toits (ce n'est pas un oiseau de basse-cour). Il est de bon augure qu'elles fassent leur nid sur la maison, signe de propérité. La cigogne sait la choisir : le dominicain Etienne de Bourbon révèle que des cigognes ne voulurent pas rester sur le toit d'un chevalier excommunié par le pape Grégoire IX et y revinrent quand la peine fut levée. En 1423, à Strasbourg, interdiction est faite de les chasser, sous peine d'une forte amende. Derrière cette forte affection pour la cigogne, il y a la croyance, attestée depuis l'Antiquité, en sa métamorphose en homme. Ou plutôt en une créature dotée d'une double nature, homme et oiseau. Arrivées en Orient, les cigognes prennent forme humaine et redeviennent oiseaux quand elles reviennent en Occident. Gervais de Tilbury, au XIIIè siècle, décrit ces hommes-cigognes don le corps conserve les marques de l'oiseau (leurs bras sont blancs, leurs mollets noirs, leur nez allongé). Les Evangiles des Quenouilles, ouvrage composé à la fin du XVè siècle, propose une longue série de croyances "populaires", attestées par d'autres sources. Six femmes se réunissent au cours de six veillées pour débattre à tout de rôle sur les maladies, remèdes, recettes, dictons, conseils et interdits de la vie quotidienne. La 6è soirée se clôt par un long récit."Je vous dis pour certains,dit l'une des femmes, dame Abreye l'Enflée, que les cigognes, qui l'été se tiennent en ce pays et qui l'hiver s'en retournent dans le leur qui est vers le mont Sinaï, sont des créatures comme nous." La cigogne, oiseau ou homme métamorphosé, porteuse de grandes vertus et de peu de malices, illustre bien le statut de l'animal au Moyen Age. Pour les moralistes, son image miseau service d'un comportement à adopter, est utilisable à merci. Les croyances "populaires", vivaces, qui l'entourent, nourrissent la vision que l'on peut en avoir. L'aspect positif de la cigogne triomphera. Comme l'écrit Buffon dans son Histoire naturelle: "Cet oiseau, né notre ami et presque notre domestique, n'est pas fait pour être notre victime."
article de Jacques Berlioz, paru dans la revue L'HISTOIRE n°338 - Janvier 2009
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|  | | |  LE HERON, LA FILLE | Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où, Le Héron au long bec emmanché d'un long cou. Il côtoyait une rivière. L'onde était transparente ainsi qu'aux plus beaux jours ; Ma commère la carpe y faisait mille tours Avec le brochet son compère. Le Héron en eût fait aisément son profit : Tous approchaient du bord, l'oiseau n'avait qu'à prendre ; Mais il crut mieux faire d'attendre Qu'il eût un peu plus d'appétit. Il vivait de régime, et mangeait à ses heures. Après quelques moments l'appétit vint : l'oiseau S'approchant du bord vit sur l'eau Des Tanches qui sortaient du fond de ces demeures. Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux Et montrait un goût dédaigneux Comme le rat du bon Horace. Moi des Tanches ? dit-il, moi Héron que je fasse Une si pauvre chère ? Et pour qui me prend-on ? La Tanche rebutée il trouva du goujon. Du goujon ! c'est bien là le dîner d'un Héron ! J'ouvrirais pour si peu le bec ! aux Dieux ne plaise ! Il l'ouvrit pour bien moins : tout alla de façon Qu'il ne vit plus aucun poisson. La faim le prit, il fut tout heureux et tout aise De rencontrer un limaçon. Ne soyons pas si difficiles : Les plus accommodants ce sont les plus habiles : On hasarde de perdre en voulant trop gagner. Gardez-vous de rien dédaigner ; Surtout quand vous avez à peu près votre compte. Bien des gens y sont pris ; ce n'est pas aux Hérons Que je parle ; écoutez, humains, un autre conte ; Vous verrez que chez vous j'ai puisé ces leçons.
Certaine fille un peu trop fière Prétendait trouver un mari Jeune, bien fait et beau, d'agréable manière. Point froid et point jaloux ; notez ces deux points-ci. Cette fille voulait aussi Qu'il eût du bien, de la naissance, De l'esprit, enfin tout. Mais qui peut tout avoir ? Le destin se montra soigneux de la pourvoir : Il vint des partis d'importance. La belle les trouva trop chétifs de moitié. Quoi moi ? quoi ces gens-là ? l'on radote, je pense. A moi les proposer ! hélas ils font pitié. Voyez un peu la belle espèce ! L'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse ; L'autre avait le nez fait de cette façon-là ; C'était ceci, c'était cela, C'était tout ; car les précieuses Font dessus tous les dédaigneuses. Après les bons partis, les médiocres gens Vinrent se mettre sur les rangs. Elle de se moquer. Ah vraiment je suis bonne De leur ouvrir la porte : Ils pensent que je suis Fort en peine de ma personne. Grâce à Dieu, je passe les nuits Sans chagrin, quoique en solitude. La belle se sut gré de tous ces sentiments. L'âge la fit déchoir : adieu tous les amants. Un an se passe et deux avec inquiétude. Le chagrin vient ensuite : elle sent chaque jour Déloger quelques Ris, quelques jeux, puis l'amour ; Puis ses traits choquer et déplaire ; Puis cent sortes de fards. Ses soins ne purent faire Qu'elle échappât au temps cet insigne larron : Les ruines d'une maison Se peuvent réparer ; que n'est cet avantage Pour les ruines du visage ! Sa préciosité changea lors de langage. Son miroir lui disait : Prenez vite un mari. Je ne sais quel désir le lui disait aussi ; Le désir peut loger chez une précieuse. Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru, Se trouvant à la fin tout aise et tout heureuse De rencontrer un malotru.
Jean de La Fontaine
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| | | |  | |  | | LE CORBEAU ET LE RENARD | Maître Corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l'odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage : "Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. " A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ; Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute : Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. " Le Corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
Jean de La Fontaine |
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|  NOURRIR LES OISEAUX CREE DES ESPECES | "Les Britanniques sont en train de séparer une espèce de fauvettes en deux distinctes. En les nourrissant l'hiver, ils ont favorisé l'émergence d'une nouvelle voie de migration, 30% des oiseaux hivernant au Royaume-Uni plutôt qu'en Espagne. Or, ces derniers arrivent en premier sur les lieux de reproduction et s'accouplent plutôt entre eux. En moins de 30 générations, des modifications morphologiques sont déjà apparues, comme des ailes plus rondes et un bec plus fin.
C.H. - Science et Vie - février 2010 |
 | |  | | "Bayer aux corneilles" | Il s'agit du verbe "bayer" et non "bailler", qui signifie : tenir ouvert. Cette expression désigne le fait de garder la bouche ouverte en regardant en l'air (où volent les corneilles). |
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 | |  | | VIE SAUVAGE A PARIS | Des parcs (bois de Vincennes ou bois de Boulogne) aux jardins privés en passant par la "petite ceinture", ancienne voie ferrée, Paris regorge d'une vie sauvage insoupçonnée : faucons crécelles installés dans les tours de la cathédrale Notre-Dame, hirondelles urbaines dites "de fenêtre" qui nichent au palais de Chaillot, renards roux, méduses d'eau douce ou bien fouines .... Près de 2000 espèces ont élu domicile dans la capitale, dont 149 sont protégées, comme le crapaud accoucheur. Pour compléter ce tableau de la biodiversité parisienne, environ 2000 sortes de végétaux et de champignons ont été recensés en 2006 par la ville et le Muséum d'histoire naturelle.
(source 20Minutes 25 février 2010) |
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